Les supérieures du Monastère Mère Prieure puis Mère Abbesse à compter de 1278, la liste des vingt Abbesses peut facilement être reconstituée grâce à l’obituaire. Il faut surtout noter le grand nombre d'Abbesses appartenant à des familles nobles. Ainsi, on trouve deux Abbessses de Sallenove : Péronnette de Salleneuve (1370-1410) ; et Jeanne de Salleneuve (1460-1499), les familles de Mareste de Lucey : Charlotte de Mareste de Lucey (1587-29 juin 1594), Marguerite de Mareste (1596-16 sept 1639), Eléonore de Mareste (1639-18 février 1652) et Jeanne Thérèse de Mareste (1652-1719). Eléonore de Mareste de Lucey (quatre ans après l’arrivée à Annecy). C’était la belle-sœur de la sœur de la fondatrice des Bernardines réformées, Mère Louise-Thérèse de Ballon. En effet, elle était la sœur de Louis de Mareste, marquis de Lucey, marié à Marguerite de Ballon, sœur aînée de la Mère de Ballon. Eléonore étant "chargée d’années et d’infirmités" avait rési-lié ses fonctions en 1651 en faveur de sa nièce Jeanne-Thérèse de Mareste de Lucey, religieuse bernardine du couvent de Cavaillon, nièce de Mère de Ballon. Elle fut nommée par le Duc de Savoie Charles-Emmanuel II mais elle dut toutefois faire nouvelle profession dans l’Ordre de Cîteaux puisqu’elle était bernardine réformée et sous la juridiction de l’évêque. Après la mort de la vieille Abbesse, les religieuses confirment l’élection de Jeanne-Thérèse de Mareste de Lucey. Jeanne fut Abbesse pendant soixante-sept ans. Devenue aveugle et "tom-bée en enfance", elle dut avoir une coadjutrice en la personne de Madame de Châteaufort de Lucey vers 1714. Après la mort de cette dernière en 1719, une deuxième fut nommée : Françoise de Gruel qui d’ailleurs succéda comme Abbesse. Les courriers au Roi concernant cette nomination sont envoyés par l'Abbé de Clairvaux. L'Abbesse, Jeanne-Thérèse de Mareste étant morte le 29 mai, les religieuses écrivirent elles-mêmes au Roi pour lui demander la permission d’élire une Abbesse "qui puisse réparer l’extrême pauvreté à laquelle le malheur des temps a réduit le couvent". Parmi les Abbesses, prieures ou religieuses, on trouve aussi les familles de Monthouz, de Castiglione, de Chaffardon, de Gingin, de Châtillon, d’Auteville, et parmi les moniales les fa-milles de Livron, de Clermont, de Mionnaz, de Montfalcon, de la Balme, d’ Arlod, d’Arenthon, de Bellegarde, de Gruffy, de Monferraz, de Beaufort, de Reydet de Choisy, de la Croix de Fesigny, de Vidonne, de Chaumont, de Savigny, de Copponay, etc.. |